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La grande barrière de corail

Fin de course hallucinante. Plus de trois jours de match race avec Great Britain. La distance entre les 2 bateaux n’a pas excédé 2 nM.

Les deux derniers jours à l’abri de la Grande Barrière de Corail. 15 noeuds de vent au portant sur une eau turquoise et une mer belle. Le bateau était à plat, ce que nous n’avions pas revu depuis la course 1 en naviguant dans les alizés.

Puis une fin de course entre les îles des Whitsundays, nombreuses avec des sommets de 100 m à 300 m, elles influencent le vent et donne du fil à retordre aux barreurs.

A la tombée de la nuit, il reste entre 2 et 3 heures de navigation pour franchir la ligne d’arrivée. Les îles peu habitées ou souvent même inhabitées n’ont aucune lumière et il n’y a quasiment pas de phare pour nous guider. Il faut faire confiance au GPS (!). C’est bien entendu à ce moment là que Great à 0.5 nM derrière tente de nous dépasser pour remporter cette course. Pour éviter de se faire dépasser, la navigation se fait de plus en plus à ras de la côte pour bien fermer les portes. Après avoir contourné le dernier danger isolé à l’entrée de Pionner  Bay, un dernier empannage nous emmène directement vers la ligne d’arrivée. Great Britain tente une dernière manoeuvre pour nous doubler, mais l’expérience en match race de Olivier (le skipper) permet d’empêcher notre adversaire de nous piquer la première place.

Nous les battons de 42 secondes après 1600 nM de course parcouru en 7 jours 11 heures 28 minutes et 18 secondes.

PS1. Après le traditionnel « deep clean » et la journée de maintenance, nous allons profiter de cet endroit idyllique : apéro de bienvenue par le Yacht Club de Airlie Beach (mardi), la Twilight Regatta (le championnat du monde du mercredi soir), une journée d’entraînement avec l’équipage de la prochaine étape (vendredi), la remise des prix (vendredi avec nos T-shirts blancs 😉 ), une journée en « zodiac », avec picnic et baignades sur quelques unes des îles et en particulier à Whitehaven bay, la plus belle plage au monde selon Steven O. – il y a 74 îles dans l’archipel des Withsundays (samedi), les formalités de douane pour quitter l’Australie et le briefing de la prochaine course (dimanche).

PS2. Départ de la course 7, Airlie Beach – Danang, lundi 18 janvier à 1200 (heure locale)

PS3. La dernière nouvelle écrite samedi avant d’arrivée n’a pas quitté le bateau, problème de réseau pour le PC sur lequel j’écris mon blog, donc pas de mail. Et je n’ai pas pu encore récupérer le texte, le hub USB est raide, donc pas de possibilité de connecter un support pour le transférer. J’ai la flemme de le recopier. Je fais de mon mieux pour vous le mettre à disposition avant de quitter l’Australie.

Dantesque

Mardi matin au réveil : ciel gris, crachin, vent de travers 20-25 noeuds, plus ou moins ce que nous prédisait les modèles pour le lendemain; au moins il ne fait pas froid. Début d’après-midi, une pluie dense et chaude remplace la bruine, le vent se maintient, les vagues sont courtes, croisées, la barre est dure. La pluie dure, la visibilité est mauvaise.

Plus tard dans l’après-midi, le vent se renforce rapidement, nous obligeant à modifier notre voilure pour nous adapter au vent, mais également à la mer qui est de plus en plus hachée.

Peu avant 16 heures le ciel s’éclaircit, le vent tombe. A 16 heures (0500 TU), nous débutons l’Ocean Sprint de cette 6ème course à une vitesse d’escargot, en plus pas pressé du tout. La nuit est plus claire, les averses s’espacent; nous sommes le long de la côte et nous voyons quelques phares, des entrées de port. Les lumières des habitations (peu nombreuses) le long de la côte sont séparées par de longues zones sans lumières du tout – de magnifiques plages de sable blanc que nous découvrons au petit matin sous un soleil radieux, après une dernière averse.

PS1. Le courant est australien est impressionnant par la vitesse de son courant, mais également par la taille de la veine principale et des très nombreux méandres qu’il génère tout au long de son parcours. Facilement identifiable par la température de l’eau qui atteint 30°C, alors qu’en dehors du courant, la température de l’eau dans le Bass Strait est de l’ordre de 20°C. Ce courant évolue tout le temps et il est important d’avoir des images à jour (y compris de prévisions) pour ne pas se faire avoir. Pas toujours simple de conjuguer les vents favorables et les courants favorables. Pour vous avoir une représentation en image du courant est australien, je vous invite à consulter le site météorologique australien (htpp://bom.gov.au) et de vous rendre dans l’onglet « currents ».

PS2. Un thermique est rentré en fin de matinée, ce mercredi, nous permettant enfin de retrouver une vitesse décente. Hélas pour nous, nos cinq poursuivants en ont bénéficié avant nous et nous ont sérieusement recollé : une fois encore le début d’une nouvelle course dans la course.

Nouvel an en Tasmanie

Lors de notre arrivée à Hobart, nous avons été acclamé par la population présente en très grand nombre sur les quais. Le plus bel accueil depuis notre départ de Londres. A noter que le dernier arrivé (le 31 décembre à 9h30 du matin a également bénéficié des chaleureux applaudissements des personnes présentes sur le port.

La municipalité de Hobart profite de la course Rolex Sydney Hobart pour organiser un super festival avec nombre de stands de nourriture réalisée avec les produits locaux et de très nombreux concerts. J’ai passé tout l’après-midi du 1er janvier à écouter des groupes locaux; très agréable pour se reposer après les festivités du 31, y compris un magnifique feu d’artifice et avant de prendre un départ en fin de matinée du 2 janvier.

La pause de Hobart a été trop courte pour vraiment profiter de cette superbe île, habitée par des gens chaleureux et accueillants. Encore un coin où il faudrait revenir; même si c’est vraiment très très loin.

Le départ de la 6ème course a été donné à Battery Point à 1109 heure locale (0009 TU). Une sortie au près dans la rivière Dewent et jusqu’à Tasman Island, un peu plus de 5 heures avant de pouvoir envoyer un spi pour essayer de gagner au plus vite la scoring gate, placée en plein dans le courant est australien (contraire à notre route).

La prévision nous montre du portant presque tout le temps jusqu’à la ligne d’arrivée; mais une fois de plus la réalité est différente et l’on se retrouve au près à lutter contre le vent et contre le courant. En plus, nos concurrents nous donnent de plus en plus de fil à retordre et clairement la bagarre se durcit.

Sur cette course, la stratégie est très limitée: aller le plus directement possible tout en évitant de se faire piéger par les courants. Clairement le vainqueur sera celui qui fera le moins d’erreurs.

PS. Nous n’avons récolté que 2 points à la scoring gate, battu par Great Britain, simplement plus rapide, puisqu’il a suivi la même route que nous.